Moha KHETTOUCH évoque le livre "SEGREGATION" et donne son avis

La problématique de l’Enseignement au Maroc :
Moha hajjar a mis le doigt sur la plaie
Dr. Moha (U'Ali) Khettouch
 
Je rends hommage à mon petit frère Moha pour sa brillante recherche bien documentée, soutenue par une réflexion profonde et une intelligence remarquable…puisse dieu multiplier de tels exemples : parangon de la probité, de la vertu et de la rectitude.

La question de l’enseignement a donné lieu depuis l’indépendance à de multiples débats, impliquant les gouvernements successifs, et les organisations politiques et syndicales nationales. Chaque grand événement de la vie scolaire suscitait des discussions et des remises en questions et offrait l’occasion de reposer le problème de l’enseignement dans sa globalité ou dans quelques uns de ses aspects.

Les débats se sont particulièrement focalisés sur les aspects quantitatifs et qualitatifs de l’enseignement et sur le problème de la démocratisation des systèmes scolaires et universitaires.

Après le recul d’un demi-siècle l’on ne peut, contre mauvaise fortune, constater que le peu de cas que l’on a accordé aux myriades de résolutions et de recommandations, pourtant empreintes de bonnes intentions, de brillantes réflexions, de pertinentes conclusions ; les unes et les autres classées sans suite sans qu’aucun compte n’en soit tenu par les ministres qui étaient en charge de l’éducation nationale.

A ce titre, il semble vivement opportun, de rappeler pour mémoire les axes essentiels qui avaient soutenu l’immense travail réalisé à travers les multiples débats, les innombrables forums, la foison de mémorandums officiels ou officieux et de se poser la question de savoir pourquoi les pouvoirs publics n’avaient cru devoir réserver le moindre écho aux synthèses issues de ces réflexions globales, sectorielles et segmentaires représentatives de la grande sinon de l’écrasante majorité de l’opinion publique nationale.

Pourquoi a-t-on sciemment écarté l’approche ou la méthodologie démocratiques qui auraient pu servir de cadre logique propre à révéler des performances apodictiques dans le but d’asseoir un système éducatif basé sur une stratégie fiable défrayée du slogan populiste, de la démagogie politicienne et des symboles destinés à la propagande chauviniste.
 

Les déficiences susvisées se trouvent être en déphasage complet avec la marche du monde et en rupture intégrale avec l’authenticité identitaire du Maroc profond, celui qui ne renie aucune composante de sa culture, de sa civilisation plusieurs fois millénaire et de sa religion adoptée sans aucune contrainte et sans prosélytisme forcené.
 

Pourquoi certains tenants du pouvoir ont engagé, à dessein, le système éducatif dans l’impasse tout en préservant celui dont étaient bénéficiaires les progénitures des élites privilégiées.
 

Pourquoi les chantres de l’arabisation en épargne l’application à leurs enfants et en en faisant le seul apanage du peuple ouvrier et paysan pourtant largement majoritaire.
 

Pourquoi cet enseignement ambivalent et ségrégationniste?
 

Pourquoi a-t-on, chaque fois qu’intervient un changement de gouvernement ou un simple remaniement ministériel, préféré l’improvisation accidentelle, conjoncturelle et impromptue à la réforme structurelle stratégique à incidence fondatrice et à impact réticulaire global.
 

Le Maroc a compté autant de réformettes que de ministres ayant transité pour des périodes plus ou moins durables par le département de l’enseignement et de la formation.
 

A cet effet et pour que l’image soit encore plus claire, il y a lieu d’illustrer, à travers la présente étude, la situation de l’enseignement par quelques chiffres percutants et des statistiques significatives afin de procéder à des comparaisons entre le Maroc et les pays similaires :

D’autres paramètres corroborent ce constat d’échec du Maroc ; exprimées en valeurs relatives du produit intérieur brut les dépenses publiques de l’éducation représentent 5% au Maroc ; 8% en Algérie et 7,5% en Tunisie.
  

La population estudiantine totale donne également une idée de la distorsion au détriment du Maroc.
 

C’est précisément pour toutes ces raisons que la situation est vivement préoccupante au Maroc qui n’a d’autres choix que celui d’une véritable révolution éducationnelle profonde quel qu’en soit le prix et les sacrifices ; il y va de son devenir immédiat et à long terme. 

La définition d’une véritable doctrine stratégique de l’enseignement doit être recherchée dans une synthèse entre la culture et la préparation à la vie active, dans un équilibre entre les apports du passé et les exigences de l’avenir.
 

Le but qui doit être poursuivi est la formation d’un type d’homme pourvu de qualités intellectuelles, religieuses, physiques, esthétiques, respectueux des traditions mais largement ouvert au monde moderne, à la nouvelle technologie, fidèle aux structures ethniques et politiques, conscient de son appartenance à la collectivité nationale et désireux de voir son pays occuper la place qui lui revient dans le concert des Nations.
 

Cela ne saurait intervenir que par le biais incontournable de la généralisation de  l’enseignement fondamental.

Il est ensuite impératif d’opérer, dans la justice et l’équité, une sélection objective dés l’accès dans le cycle du second degré parmi les élèves les plus aptes à devenir des cadres moyens et supérieurs et à poursuivre, avec tous les atouts de réussir, des études universitaires performantes et de qualité.


Il est nécessaire, chemin faisant, de relever le niveau de l’enseignement à tous les degrés en modernisant les programmes, en rénovant les méthodes pédagogiques car l’aptitude à évoluer est la qualité essentielle de l’homme moderne ; il ne s’agit plus pour l’enfant d’accumuler machinalement des connaissances mais de se préparer à en rationaliser l’acquisition.
 

Un autre impératif essentiel s’impose en priorité, il s’agit de relever le niveau des cadres enseignants, des formateurs en général, et de développer leur qualifications et habilités afin qu’ils puissent dispenser un enseignement scientifique, technique et littéraire dicté par le souci de moderniser le Maroc à tous les niveaux.
 

Pour ce faire un certain nombre de principes doivent être alignés :

1-Nécessite de respecter une programmation par objectif avec des échéances bien échelonnées dans le temps et dans l’espace afin d’éviter les improvisations qui ont ruiné notre système éducatif pendant des décennies ;

2-
Orientation scientifique, objective et autoritaire des élèves et des étudiants en fonction de leurs aptitudes réelles, des possibilités de l’économie et des moyens de la Nation ; 

3-Choix réaliste des langues d’enseignement en bannissant tout chauvinisme de mauvais aloi, des slogans populistes imposés d’ailleurs. La langue véhiculaire de la formation n’est qu’un moyen utilisé avec intelligence pour maîtriser les sciences, les techniques et les cultures. Cela n’a rien à voir avec le patriotisme auquel tous les marocains sont attachés des millénaires durant. D’ailleurs ceux qui prônent l’arabisation placent leurs enfants dans les écoles des missions culturelles étrangères ; ce qui est bon pour le peuple ne l’est pour leurs enfants. 

4-Egalité de tous les citoyens pour poursuivre les études jusqu’au plus haut degré. Le ministre de l’éducation nationale du premier gouvernement de l’indépendance, en visite au collège de Ksar-es-Souk dans le Tafilalet avait incité, sans aucune gêne, les élèves à arrêter leurs études au brevet pour se destiner aux postes d’instituteurs et de commis d’exécution dans les services publics. Le directeur du collège, un français, en l’occurrence Mr Wallon lui a rétorqué sans ménagement :  « non monsieur le ministre, tous ces élèves seront des ingénieurs et des médecins…leur ruralité n’a rien à voir là dedans et les grands postes ne sont pas la chasse gardée des citadins. » 

Ainsi certains fils des couches populaires des villes et des campagnes ont-ils pu percer pendant la première décennie qui a suivi l’indépendance…Cela fut fugace, l’élan s’arrêta là par volonté délibérée des esprits malveillants.
 

Ensuite
ces volontés pernicieuses ont senti le danger issu de la bonne éducation de la plèbe. Cela risque de perturber les équilibres et partant de remettre en cause la dominance exacerbée des fassis.
 

Alors la résolution était prise au niveau le plus élevé de l’Etat de freiner sinon d’arrêter l’élan. La meilleure façon d’y parvenir est de soumettre le système éducatif aux mauvaises réformes : marocaniser en désordre, arabiser à tout prix, recruter les enseignants étrangers au rabais.


On jette aux orties l’exigence démocratique fondamentale qui veut que les hommes qui naissent égaux en droit, puissent le demeurer devant l’instruction, jusqu’au niveau supérieur le plus élevé.
 

Mais la réalité est plus amère
 : le fils du riche, même peu doué, poursuit ses études dans les meilleures écoles étrangères du primaire à l’université, ou dans les établissements privés de luxe, tandis que les enfants du peuple, du prolétariat ouvrier et paysan abandonnent leurs études malgré leurs aptitudes souvent élevées ou reçoivent au meilleur des cas un enseignement qui les destine illico au chômage et à la délinquance. 

La structure des classes de la société rejaillit sur notre système éducatif.
 

A. Laraki, professeur de médecine de son état, proclamait haut et fort que les « arobia » et les « berbères » n’ont pas leur place à la faculté de médecine. Seuls les ressortissants de Fès peuvent avoir le privilège d’intégrer cette prestigieuse faculté…Il montre parfois quelque indulgence à ceux qui ont la chance d’être issus d’une mère fassie compte non tenu alors de l’origine paternelle. La maternité efface toutes les tares et autres déficiences. Un étudiant d’extraction noble en a conservé une amertume de peur que ses condisciples voient dans ses notes brillantes, non son mérite personnel du reste évident, mais une récompense génétique due à une appartenance agnatique à moitié fassie et que le sinistre professeur mettait en valeur à chaque remise des copies d’examen. La note de 19/20, clamait-il, est obtenue car ta mère est fassie. Cela embarrassait notre étudiant au plus haut point…il est actuellement professeur chirurgien émérite au CHU de Rabat.
 


Ce même Laraki a été pendant longtemps ministre de l’éducation nationale et même premier ministre. Que peut-on attendre d’une pareille misanthropie à relent raciste, ségrégationniste et plébophobe si ce n’est d’abâtardir le système éducatif en le dépouillant, à son profit personnel, car il s’y serait scandaleusement enrichi, et aurait développé une fortune à partir  des moyens publics. Une chose est certaine il a fait du ministère de l’éducation nationale un appareil déliquescent qui produit la médiocrité intellectuelle, l’indigence technologique et l’inféodation de l’économie à une élite savamment circonscrite dans une forteresse inexpugnable et hors d’atteinte de la plèbe.
 

Il suffit, pour s’en rendre compte, de passer en revue la liste des éléments constituant le patronat représenté dans la fameuse CGEM et les majors de la finance et de la banque. 

Les patronymes à connotation fassie occupent le haut du pavé et de loin…Tous les leviers de commandes sont entre leurs mains et cela est structurel sauf cas de  tsunami,  puisse Dieu nous en épargner les effets destructeurs et les impacts dévastateurs.
 

Compte tenu de ce qui précède, il est temps de secouer le cocotier.

L’enseignement doit être la base d’une renaissance culturelle nationale. La culture assouplie par des siècles de féodalisme et d’isolement, étouffée ensuite par le régime colonial et finalement par le régime bourgeois du début de l’indépendance, doit impérativement prendre son essor maintenant que toutes les donnes ont changé, que les tabous sont tombés, que les slogans et la démagogie sont bannis.

Elle ne le pourra pas tant que l’on n’a pas choisi la méthode ou la doctrine susceptible de l’insérer dans le système de l’universel, seule exigence nationale du développement dans le contexte de la mondialisation. Le système culturel devra intégrer le Maroc dans la civilisation de la technologie défrayée des chauvinismes éculés.


L’enseignement marocain sera plus rentable le jour où l’élève et l’étudiant utiliseront l’outil linguistique qui les rendra aptes à étudier, à comprendre, à s’exprimer dans cette ère mondialisée.


La culture nationale s’épanouira lorsque les intellectuels marocains seront à même d’exprimer la réalité endogène dans la langue qui est le support des relations humaines dans la société internationale, celle qui exprime le mieux leurs sentiments et leurs visions du monde.
 

La stérilité d’une partie de l’intelligentsia n’a pas d’autre base que l’éducation qu’elle a reçue par le biais d’un régime arabisé, abâtardi, démagogique et rétrograde. 

A cet égard il est édifiant de rappeler ce qui est arrivé, dans les années 70 à un ministre qui avait l’intention sincère de réformer l’école en tenant compte de suggestions multiples et protéiformes émanant des étudiants et des professeurs, donc de ceux qui sont intéressés directement par le problème. Son projet fut rejeté sans ménagement. Le roi lui aurait dit textuellement qu’il ne veut point d’un Maroc d’excellence, mais de marocains médiocres et en bas de l’échelle… Le ministre dont il s’agit eut le courage de démissionner, et ce fut une première.
  

Actuellement les perspectives doivent être renversées. 

On a besoin d’un enseignement de qualité, sans pour autant renoncer, en aucun cas, à l’authenticité identitaire fondamentalement marquée par l’amazighité, l’arabité et l’islamité.

Il est temps, aujourd’hui plus que jamais de promouvoir une réforme nationale, sous forme de reengineering hardi, inexorable et audacieux, basé sur la rationalité, le réalisme et le pragmatisme, dédiée à la formation, à l’éducation et à l’enseignement susceptibles de tirer le développement économique et social du Maroc vers le haut. 

Il n’est plus permis de tolérer des improvisations inconsidérées et de dernière minute dont pâtit encore le pays et dont on se sert ensuite, comme vulgaires subterfuges ou comme argumentaire gratuit et creux pour justifier des retours en arrière visant à désorganiser la structure systémique de l’enseignement dont le corollaire se traduit par le sacrifice des élèves et des étudiants sur l’autel de la bêtise humaine.


Il est indiqué voire impératif de recourir au véhicule linguistique idoine propre à assurer une grande ouverture du citoyen sur les réalités tangibles de l’environnement international ; en l’occurrence une langue utile dans le travail et dans la vie. Le positivisme et pourquoi pas l’opportunisme au sens mélioratif, en l’objet, doivent être maîtres de terrain.


Le pays et les citoyens sont suffisamment mûrs pour accepter ces réalités nouvelles dictées par les nécessités du développement durable et par l’émergence de nouveaux standards de l’instruction universelle globalisée effaçant progressivement et inexorablement les frontières traditionnelles étriquées.


Forts de ces convictions, les citoyens n’ont de cesse de critiquer avec courage et objectivité les mesures négatives prises par les anciens ministres de l’éducation nationale de 1956 à 2005 ; mesures ayant engendré le marasme actuel ; les uns arabisent, les autres francisent, tous abâtardissent le système et le peuple se trouve être paumé entre ceux-ci et ceux-là.


Le marocain réclame le relèvement apodictique, dans l’évidence et dans le droit, du niveau et de la qualité des études quels que soient les moyens et les voies utilisés pourvu que cela débouche sur le salut et le bien être des citoyens de toutes catégories. Le peuple est adulte, mûr et conscient ; il aime ses langues nationales ; mais il aime encore plus les voies du développement.


Il est indispensable d’être persuadé que la solution au problème de l’enseignement passe par sa conception et son insertion dans la problématique générale des rapports fonctionnels et structurels de celui-ci avec tous les secteurs de l’économie et toutes les composantes de la société, en l’occurrence du développement intégré de la Nation en tant que membre actif de la Communauté mondiale globale et décloisonnée.
 

L’enseignement ne saurait constituer, comme il l’a été pendant longtemps, un secteur isolé, sclérosé où l’on entreprend au gré des humeurs ou à des desseins funestes, des expérimentations sans finalité et sans avoir, au préalable évalué la situation et déterminé un cadre logique pour en soutenir le déroulement et le processus dans la transparence et l’objectivité.


L’éducation nationale est une affaire trop importante dans l’état présent, le futur immédiat et le devenir à moyen et long terme d’une Nation ; aussi doit-elle rester intimement liée aux domaines social, économique et politique.
               
En fait l’enseignement présente un aspect d’une problématique plus vaste, celle du sous-développement qui est lui-même la conséquence des politiques velléitaires et éclectiques menées par les mauvais décideurs du destin du Maroc.


C’est dans cette vision prospective qu’il semble incontournable d’envisager la solution radicale de la Formation initiale au Maroc dans une perspective dynamique de lutte protéiforme contre le sous-développement.


Il y a lieu d’affirmer, sans atermoiement, que la solution véritable voire unique de ce problème crucial ne peut être recherchée que dans le cadre d’une stratégie intégrée et holistique du développement.
 

Les pouvoirs publics, la société civile, les partis politiques et les centrales syndicales, après avoir expurgé leurs discours et leurs programmes des slogans populistes creux et démagogiques, doivent s’associer, avec toute la disponibilité requise, à la réflexion intensément focalisée sur les maux de l’enseignement et de la thérapie appropriée pour en éradiquer les effets et lancer les jalons d’un édifice fondateur solide répondant aux préoccupations de toutes les sensibilités sociétales.


La conjugaison des efforts ainsi déployés sans arrières pensées politiciennes conduira inéluctablement à l’émergence d’une véritable Ecole Nationale ouverte à tous sans aucune discrimination : dans l’équité et l’égalité ; et qui fait la synthèse de l’héritage culturel commun et des apports cumulatifs des autres cultures et des autres civilisations.
 

Il est temps de s’inscrire dans la logique de l’universel ; briser les tabous et vaincre les inhibitions.


L’école actuelle est marginale par rapport à la société et encore plus à l’économie. Elle véhicule des généralités abstraites insusceptibles de créer un citoyen conscient, productif, apte à s’engager dans le processus du développement avec ses dimensions économiques, sociales et culturelles.


Il faut armer le citoyen de connaissances, d’aptitudes, de performances qui sont de nature à lui faciliter son insertion dans le processus de transformation et de développement de la Nation. Ce qui nécessite une formation en adéquation avec les besoins réels de l’économie et de la société et en harmonie avec l’environnement immédiat et avec l’environnement international. Le pays a besoin d’un citoyen intelligent et éveillé, analyste et scrutateur, critique mais producteur.


L’école est appelée aujourd’hui plus que jamais à participer en tant que milieu culturel à la renaissance et au développement d’une pensée libérée des séquelles de la pensée réactionnaire favorisée par les vrais ennemis du peuple marocain, lesquels sont déterminés à aggraver sa médiocrité et à mettre en phase l’excellence de l’élite liée elle-même à la ploutocratie.

L’exploitation de la culture plurielle doit trouver dans le système de l’enseignement la place qui lui revient. C’est ainsi qu’il faut consacrer des programmes et dédier des chaires universitaires à l’étude de toutes les composantes de la culture marocaine sans restriction et sans exclusion.

Il est temps d’écarter définitivement les tendances d’une certaine bourgeoisie égotiste qui aspire avec une ardeur dissimulée à arabiser le peuple à tout prix dans le seul but parfois inavoué de reproduire les structures économiques dominantes en sa faveur.

Comme parade à cette manœuvre machiavélique, il est indiqué de mutualiser les intelligences de toutes les couches de la société pour mettre au point d’abord et en œuvre ensuite un système d’éducation et d’enseignement axé vers la prospérité de tout le Maroc.


Seul le roi est à même d’ouvrir les chantiers d’une telle envergure propres à donner au Maroc Le Système Educationnel idoine ; celui qui sera susceptible de lui ouvrir les portes de son destin : un peuple ayant atteint les standards de développement humain tel que reconnus sur le plan international grâce à une monarchie populaire et acceptée omnium consensus… par tous.


A ce titre, il est indispensable de faire appel à l’autorité du roi pour opérer une restructuration globale du système de l’éducation, de l’enseignement et de la formation et de dégager, chemin faisant, une stratégie fondatrice, applicable immédiatement après en avoir finalisé tous les objectifs.

Certes cette stratégie s’inscrit dans la perspective de la durabilité ; elle est soumise à des évaluations dynamiques et à des évaluations finales destinées à mesurer les écarts entre les prévisions et les résultats et impacts que ceux-ci ont exercé sur le plan pratique.

Si le volontarisme royal va dans ce sens, cette approche est tout à fait réalisable à la seule condition de bien en choisir les opérateurs, de veiller à ce qu’ils soient représentatifs de toute la société et de tout le territoire, à ce qu’ils aient des habilités, des aptitudes, des compétences, des expériences vécues, à ce qu’ils soient responsables de leurs actes afin de rendre des comptes, le cas échéant.


Il s’agit, pour le roi, de mettre en œuvre un système de gestion de projet et en confier l’exécution à une institution indépendante de régulation placée sous son autorité directe, sans aucun relais.

Cette instance doit avoir, toutefois des comptes à rendre concomitamment à la cour des comptes et à un comité de suivi et d’évaluation désigné par le souverain et composé d’experts nationaux et étrangers connus pour leur probité morale et leurs expériences dans les domaines de la pédagogie et de la formation.

Les résolutions définitives adoptées par les experts, validées par le souverain sont exécutoires et deviennent opposables à tous ; après les avoir formalisées sur les plans législatif et réglementaire.
                 
L’urgence est de mise, la décision doit être prise sans désemparer. Aucune expectative ne semble possible ni envisageable.


Le roi, responsable du règne et de la gouvernance, se trouve en interface avec une problématique nationale généralisée à savoir, en l’occurrence : une formation au rabais des citoyens, caractérisée par l’inconsistance et le déséquilibre, subie notamment par la plèbe et dont les classes dominantes, du reste, minoritaires, s’accommodent fort bien.

Ces dernières arrivent à faire franchir à leurs progénitures, favorisées par le sort et privilégiées par le régime, tous les obstacles liés au système général en vigueur dans le pays, en les plaçant dans des filières spéciales qui ne sauraient être qu’à leur portée à l’exclusion du reste du peuple en désarroi et livré à lui-même.

               

 


Cette situation à laquelle le roi est confronté a créé une immense lacune dont la gravité devient de plus en plus intense. Elle donne la mesure des tâches historiques qui s’imposent au monarque ; pour qui l’enseignement mérite d’être un thème de réflexion prioritaire non conjoncturel.

Cette tâche structurelle, pour pénible et ardue  qu’elle soit, ne sera sûrement pas vaine.


Il est clair, en tous cas, que le souverain n’a d’autre alternative que de s’engager dans une stratégie politique globale, désintéressée et démocratique à travers laquelle la société marocaine en devenir, trouvera LA SOLUTION principale idoine à la plupart de ses contradictions et aux bouleversements qui la secouent… et c’est là et uniquement là que se forgera son destin.


Le roi, en adoptant cette approche à la fois autoritaire et participative, contribuera activement à l’émergence d’un citoyen nouveau, moderne, progressiste, armé des connaissances et des technologies, des méthodes et des conceptions nécessaires tant à son épanouissement personnel qu’à sa participation dans l’accomplissement du Projet royal d’enseignement, débarrassé de tous complexes à l’égard de son héritage historique et de la culture hégémonique sur le plan mondial, inséré dans une perspective de progrès réel qui constitue le cadre logique fondateur de tout système censé être généré par le Projet royal, seul dans l’état actuel des choses à être de nature à répondre aux questionnements ci-après :
 
-quelle vocation le roi veut-il attribuer à l’enseignement ?


-quelles sont les fonctions politiques, socio-économiques et psycho-culturelles que le système de l’enseignement devra remplir ?
 

-quel est le meilleur véhicule pour l’enseignement ?
 
-quels sont les déterminants réels de l’accès à l’éducation et aux succès scolaires ?

-quels rapports entretiennent entre eux les différents organes de socialisation et d’éducation : famille, école, médias, associations politiques et culturelles ?

-quels rapports quantitatifs et qualitatifs existent entre la formation dispensée et les exigences du développement économique et social du pays à moyen et à long terme ?

-quelle Nation future l’enseignement prépare-t-il ?
 

Le Projet, si il est géré avec efficience, efficacité et pertinence, apportera les réponses à ces questions cruciales et identifiera les contradictions exactement là où elles se situent.

 

Il permettra de mieux percevoir que les tares et les déficiences actuelles du système réticulaire de l’enseignement, si elles ne sont pas toutes préméditées par les ministres successifs ayant contribué peu ou prou à sa destruction, ont été tolérées et souvent encouragées et appuyées, parfois même, sur instigation de la plus haute autorité de l’Etat.


De ces quelques observations et remarques, il est possible de conclure que le système éducatif actuel dans son agrégat cumulatif est en crise. Cette crise est indubitablement générée par l’inadaptation dont les traits essentiels sont issus de son inspiration irraisonnée du système français. Celui-ci est orienté sur l’acquisition d’une culture générale sans rapport avec les besoins d’une société  ayant  un besoin indicible à résorber l’énorme déficit d’hommes et de femmes possédant un potentiel technologique indispensable pour s’affranchir de la tradition sclérosante.

Il est, dès lors, nécessaire au roi actuel, de concevoir le contenu de l’enseignement en fonction des données actualisées, scientifiquement validées, du secteur de l’éducation et de réfléchir à ce que doit être la Formation dans son sens le plus large. 

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