La gestion actuelle de la FSTE: une dérive dangereuse

Publié le 10/07/2008 à 19:18
Par moha-hajjar
Par Moha HAJAR (Prof. à la FSTE)

La volonté louable de décentralisation de l'enseignement supérieur, et le soutien de la communauté européenne, ont amené en 1992-94, les autorités en charge de l'éducation nationale à la création de quatre facultés des sciences et techniques (FST) réparties sur le territoire national: il s'agit des FST de Beni-Mellal, de Mohammedia, d'Errachidia et de Settat.

La ville d'Errachidia et les régions avoisinantes ont donc eu la chance inespérée jusque-là, de se voir attribuer un établissement universitaire et pour encore assurer l'avenir de ce projet, une cité universitaire dotée d'un restaurant fut programmée et bâtie au voisinage de la faculté.

La FSTE ouvrit ses portes aux bacheliers scientifiques et techniques de son bassin de recrutement, comptant les provinces d'Errachidia, Bouarfa et Ouarzazate ainsi que le centre de Midelt. Bâti sur une surface d'une dizaine d'hectares, l'établissement est composé d'une multitude de blocs spécialisés entourés de vastes espaces verts. La FSTE en tant qu'espace architectural, fait l'admiration de ses visiteurs tant nationaux qu'étrangers. Les laboratoires de la faculté ont bénéficié d'équipements scientifiques et techniques sophistiqués, dont rêvaient les établissements supérieurs classiques les plus anciens du pays. En ce qui concerne les ressources humaines, les opérations de recrutement ont abouti à quelque 115 enseignants-chercheurs de diverses spécialités et une soixantaine d'agents administratifs, techniques et de service de divers grades.

La FSTE étant un établissement à accès régulé, le taux d'encadrement est de l'ordre d'un enseignant pour dix étudiants, ce qui représente un taux idéal au niveau international. Le taux horaire d'enseignement hebdomadaire, relativement bas, permet en principe, aux enseignants de la faculté de pouvoir se consacrer à des travaux de recherche, fait qui aurait encore un impact positif sur l'enseignement et pourrait favoriser l'intégration de l'établissement dans l'environnement socio-économique de la région.

Nous sommes en 2008: quatorze ans après son inauguration, c'est avec amertume que l'on doit reconnaître que la FSTE n'a pas tenu les promesses à l'origine de sa création et à la hauteur des investissements matériels et humains. La FST d'Errachidia est actuellement en train de rendre l'âme et il est impératif de se pencher sur son cas pour identifier le mal qui la ronge, de procéder aux analyses nécessaires des dysfonctionnements et par suite administrer avec sagesse le remède salvateur.

Sans aller en profondeur, une consultation préliminaire permet à tout observateur soucieux de l'avenir du pays, de constater des dysfonctionnements flagrants. Il suffit de dire que nous sommes à la mi-mars et les enseignements de second semestre n'ont pas encore débuté; sachant que le semestre compte en principe 15 semaines. Les étudiants de la faculté qui ont pourtant achevé les cours de premier semestre depuis le 15 décembre ne connaissent pas encore le résultat des orientations (après trois mois d'oisiveté). Puis, le doyen de la faculté a achevé son mandat de quatre ans depuis le 17 novembre 2007. Ce dernier assure actuellement un service minimum, affirmant oralement être chargé de l'intérim, dans le cadre d'une navette entre Errachidia et Meknès, ensuite les projets d'aménagement datant, certains de 2004, d'autres de 2006 sont inachevés et abandonnés sans explication par les entreprises en charge des travaux (parking, terrains de sport, animalerie, musée, ).

Enfin, des laboratoires de travaux-pratiques ont perdu par usure et absence de maintenance et de renouvellement, plus de 50% de leurs équipements initiaux. L'enseignement technique s'en trouve gravement réduit quand il n'a pas tout simplement disparu dans certaines filières pédagogiques. Quant aux services tels que la scolarité, le service économique et financier et les ateliers, ils sont aujourd'hui déstructurés et travaillent dans une anarchie indescriptible. Devant une situation catastrophique dont les conséquences ne manqueront pas de porter atteinte à l'avenir des étudiants et donc à leurs familles, les enseignants de la faculté ont à plusieurs reprises et depuis 2005, tiré la sonnette d'alarme. Dans le cadre du SNESup et des instances de la faculté, ils ont appelé les responsables à tous les niveaux à prendre sérieusement leurs responsabilités.

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